Croisons les albums !



Une classe de CP a lu "Carnavalphabet" et "Le livre des peut-être"... 


Lors de mon intervention dans la classe, nous avons imaginé des "peut-être" appliqués aux lettres de l'alphabet. La maîtresse a tout noté sous la dictée...Nous avons bien ri et les idées étaient très originales. Pour des élèves de CP, les sons dans les mots, c'est tout un programme



...

A partir du petit roman " Mystère au palais"...



A partir des illustrations de Mystère au palais, une classe de CP a imaginé une histoire. La structure accumulative et très séquentielle guide les élèves. Le scénario est finalement assez proche de mon propre texte mais les zones de liberté sont importantes, en particuliers au niveau des dialogues entre les personnages ...




A partir de l'album " Contes d'un roi pas si sage"...

La géographie imaginaire du pays d'Artégan se prête à un travail passionnant. elle permet en effet de faire des liens entre les différents moments des différents textes et elle invite les élèves à se représenter les lieux dans lesquels se déroulent les actions. 

En un premier temps, les enfants ont surligné les éléments de description du décor dans lequel se situe l'action. Puis, à l'aide de jouets et d'éléments récupérés, feuilles, graviers, morceaux de bois, ils ont réalisé une maquette.

Quelques photos:





A partir de " La princesse à la plume blanche" ...

 Pour les classes de cycle 3 qui ont travaillé sur "La princesse à la plume blanche", voici une idée de production d'écrit qui a fait ses preuves :


Proposition: réécrire le conte du point de vue de Aakar, le fis du cornac. Voici le début du texte écrit par les élèves, en interaction étroite avec la maîtresse, bien entendu :




Hors-champ....

Dans un album, la question de ce qu'on voit est bien sûr, essentielle. Les enseignant-e-s mènent des activités très malines et drôles pour inciter les élèves à parcourir des yeux les pages à la recherche d'indices qui viendront compléter leur compréhension du texte. Mais ce qui peut être intéressant aussi, primordial, même, c'est de conduire les jeunes lecteurs et lectrices à aborder l'espace de la page par ce qu'il ne montre pas. Toute image suppose un cadrage. Tout cadrage est un choix. 

S'interroger sur ce fait de page c'est chercher, au delà de ce que l'on voit, quelles étaient les intentions des auteurs. C'est aussi mobiliser ce que le texte dit ou cache pour en comprendre, en profondeur, le propos. 

Notre album " Le cerf-volant de Toshiro" se prête bien à ce questionnement là. Stéphane Nicolet a joué du hors-champ et du cadrage avec intelligence. Il faut suivre le fil, ou plutôt la ficelle bien au delà des bords de la page pour découvrir le cerf-volant qui flotte au-dessus de la scène qui est représentée. Il en est de même pour les personnages dont on ne voit parfois que les pieds. Ils sont pourtant bien là, dans ce no-man's land de l'image. Ils sont là, puisque leur présence est dénoncée par le texte. L'occasion d'ailleurs de faire face à la puissance des mots. 

Il y a quelque temps, j'ai proposé à une classe de réfléchir à tout cela ... 









Les "peut-être", mode d'emploi...

Avant de se lancer dans l'écriture d'un "peut-être", d'après notre album, , il est essentiel de bien observer la structure des phrases que j'ai écrites. Je ne parle pas ici du point de vue grammatical mais du propos.
Regardons de près cette phrase par exemple :

Peut-être que la nuit est noire pour qu'on ne la confonde pas avec le jour. 

Elle est composée de deux parties bien distinctes.
La première énonce une vérité incontestable : la nuit est noire, c'est un fait !
La seconde, en revanche, propose une explication loufoque, poétique ou humoristique, selon les cas.
Pour " réussir" un "peut-être", il faut donc essayer de se rapprocher de cette structure-là.
C'est ce que les élèves de Moncuq ont fait et voici quelques résultats :









Un atelier d'écriture? Oui, mais après ?

A propos de deux ateliers d'écriture, menés en cycle 2 à partir de mon album " OUF!"

Quand il m'arrive d'animer un atelier d'écriture d'une seule séance de deux heures environ, je ne peux évidemment pas mener le projet de production jusqu'au bout.
Cela prend déjà beaucoup de temps pour repérer la structure du texte de base puis pour se mettre d'accord sur le contenu. Je parle ici, vous l'avez compris, d'un atelier qui concerne toute la classe avec un répartition des tâches qui peut se faire de façon individuelle ou en petits groupes. J'ai bien conscience que lorsque j'écris cela, mon passé de prof d'école remonte à la surface. Que voulez-vous, instit un jour, instit toujours!
Donc, quand je quitte la classe en question, les textes ont été écrits mais il y a encore beaucoup de " toilettage" à faire. Imaginez l'orthographe d'un élève de CP! Et bien sûr, il faut réaliser les illustrations. Tout cela revient à l'enseignant(e). A partir de là, je n'ai plus la main. Je ne peux plus rien.
Parfois, je dois dire que je m'inquiète. Je ne sens pas, chez le maître ou la maîtresse, la motivation qu'il y faudrait. Trop d'inquiétude et de découragement, sans doute. Alors je propose d'échanger par mail, de revenir pour écouter les textes écrits, lus par les élèves. Bref, j'essaye de convaincre, mine de rien, qu'un projet d'écriture doit aboutir, si on ne veut pas qu'il soit juste un coup d'épée dans l'eau.
Il est indispensable que les enfants voient leurs textes lus par un vrai lecteur. Je veux dire, quelqu'un qui n'a pas mené le projet, qui ne le connait pas. Quelqu'un qui tourne les pages et s’émerveille des mots et des images. Pour cela, évidemment, il faut que ce soit un objet bien fini, avec une mise en page ( même maladroite) et des images originales dans lesquelles on sent la "patte" des enfants. Après avoir écrit pour eux-mêmes, pour grandir et pour apprendre, les élèves doivent connaître cette sensation merveilleuse: partager ce qu'ils ont écrit.



Alors quand je reçois deux beaux albums numériques avec des images travaillées façon land art, je ne peux que me réjouir. Ce n'était pas du temps perdu ! Les élèves sont fiers de ce qu'ils ont réalisé. Ils ont chacun participé, avec leurs envies et leurs difficultés, à une oeuvre collective. Quand ils en parlent, ils disent " NOUS". Et ça, ça n'a pas de prix !
Bravo donc à eux ! Bravo, bien sûr aux enseignant(e)s et bravo aux décideurs locaux qui, contre vents et marées, consacrent un petit peu d'argent public à ce genre d'opération.
Allez ! Tout n'est pas perdu !! Ouf !